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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 18:00

PLAN :

I - Épistémologie de l'histoire
a) un fait historique
b) la causalité historique

II - Y a-t'il un sens de l'histoire?
a) la théologie de l'histoire
b) la providence de l'histoire

III- Les sciences humaines sont-elles des sciences exactes?
a) qu'est-ce qu'une science?
b) La différence entre scientificité et rationalité?
c) la différence entre sciences et idéologies?


I - Epistémologie de l'histoire

a) un fait historique


Les faits réels sont le matériau, le support du travail de l'historien. Mais la notion de fait oscille entre deux thèses contradictoires :
                - La thèse  objectiviste => description
Les faits historiques sont trouvés "tels quels" dans les documents que l'historien consulte. Cela signifie que le fait historique est un objet, une chose.  => L'historien trouve les faits sans les juger

                - La thèse subjectiviste => interprétation
Si le document, la chose, n'a pas  d'emblée une signification historique, alors le travail de l'historien est de tirer des conclusions, de créer l'histoire. Le récit de l'historien est une pure fiction. On appelle également la thèse subjectiviste une thèse relativiste.  Il n'y a que des vérités relatives à l'historien.

Critique de la thèse objectiviste :

D'après la thèse relativiste, les faits historiques n'existent pas en tant que tel. L'historien s'intéresse au passé, donc à quelque chose qui n'existe plus. C'est à dire que les faits historiques sont a priori une fiction construite par l'historien.  Donc le récit historique n'aurait aucune objectivité et au contraire il répond aux intérêts personnels de l'historien : religieux, politiques....
Ex : La Chartreuse de Parme de Stendhal raconte la bataille de Waterloo de manière subjective alors que Michellet raconte la même bataille d'un point de vue objectiviste.
La thèse objectiviste est inacceptable dans la mesure où le fait historique n'est pas une chose. Un évènement acquiert une signification historique. Il n'en a pas au moment de l'évènement.
L'historien devra étudier les causes et les conséquences pour aborder l'étude historique du fait.

Critique de la thèse subjectiviste :

Le principal défaut de la thèse subjectiviste est qu'elle abolit totalement la distinction entre le récit fictif et le récit historique. Si on peut accepter l'idée qu'il existe des interprétations différentes, on ne peut toutefois pas accepter celles d'une relativité totale.
Le fait historique n'est pas une simple opinion mais est élaboré méthodiquement donc la subjectivité n'est pas autorisée en histoire.
 
Rq 1 : Histoire et mémoire

On retient plus facilement un fait historique grâce à la signification qu'il a dans la continuité.  Un fait historique n'est pas isolé dans le temps. Il est lié à un déroulement temporel. Sa signification dépend également de l'hypothèse retenue par l'historien.  La méthode de l'historien :
                                     - effectue un travail d'archive
                                     - compare les traces entre elles
                                     - effectue une hypothèse
=> Le fait historique n'est pas un fait de mémoire.  Sans mémoire, pas d'histoire. Mais la mémoire collective et individuelle est subjective.
Le fait historique n'est pas lié ni à l'existence indivuelle ni à une conscience. Le fait historique n'est donc pas du vécu.

Sujet : l'histoire peut-elle être contemporaine?
=> On ne peut pas vivre un évènement et prévoir le futur pour avoir le recul nécessaire et anticiper les conséquence de l'évènement.
Ex : La chute du mur de Berlin : Il faut faire la différence entre deux choses :
                        - avoir le sentiment de l'importance de la chose qui se passe
                        - l'importance de ce qui s'est passé


On peut noter un certain paradoxe entre Histoire et mémoire :

- moins l'évènement est contemporain, mois il est directement rapporté (plus le nombre de traces est réduit donc les versions des historiens convergent) donc plus l'évènement est sûr.

Rq 2:  Fait scientifique - fait historique



On dit que la différence entre les deux, c'est que le premier est répètable et pas le second.

1. La chaise est à 3 mètres de la fenêtre
2. Par un point situé en dehors d'une droite on ne peut faire passer qu'une seule parallèle à cette droite.
3. En 1789, le peuple français s'émancipe de le l'ancien régime

1. c'est vrai, a un sens dans le cadre de référence de la physique élémentaire. Le système métrique donne une mesure.
2.  c'est vrai par postulation (c'est vrais sans être démontré. c'est seulement vrai parce que l'on dit que c'est vrai)
3.  Les sciences exactes sont un point de vue totalement objectif, prouvé par des règles.
      L'opinion est un point de vue totalement subjectif, propre à chacun.
     L'histoire est une interprétation personnelle, à la convergence entre l'objectif et l'opinion. On se fait une opinion d'un fait objectif => on interprète

L'opinion est une affirmation subjective. Les sciences exactes sont objectives parce que les scientifiques se basent sur une structure mathématisée. L'histoire est toujours de l'ordre de l'interprétation.
Interpréter : donner un sens en utilisant des symboles (chiffres, lettres...)

Une interprétation n'est pas uniquement l'utilisation d'un cadre de référence déterminé de type mathématique.
cadre de référence : système de symboles qui permet de décrire un phénomène ou un évènement. Alors qu'une interprétation est une tentative pour donner une signification à un évènement.
Une interprétation n'est pas non plus une simple opinion, car cette dernière n'est qu'un point de vue. Alors que l'interprétation suppose un cadre, c'est-à-dire un système de symbole et de règles.

Sujet pour le 23/09 : Peut-on changer le cours de l'Histoire?

La proposition 3 n'a de sens que dans un système d'interprétation au sein duquel les expressions "peuples français","ancien régime" ont elles-même un sens. L'expression "ancien régime" n'aura pas le même sens pour un anglais ou un chinois.

Rq 3 : Les concepts historiques

L'historien utilise des concepts afin d'élaborer son récit historique, concept dont il n'est pas lui-même à l'origine.

Concepts :
 
  - Classificatoires
Ancien régime
classe sociale

  - Individualisants
"La France de Clovis à Chirac"
"L'Europe de l'Est"

   - Psychologiques
"L'intention du roi était de..."
"L'esprit revanchard des français"

=> L'historien utilise ces concepts qu'il trouve dans le langage. Ces concepts sont uniquement de l'ordre de l'interprétation. Du point de vue épistémologique, on les appelle des "concepts à frontière floue"
ex : pour parler d'un même fait, l'historien ne saura pas toujours quel concept utiliser, par exemple à savoir si un évènement est une émeute, une guerre civile ou une révolution.

Un concept à frontière nette est un concept pour lequel on a une définition claire et précise (comme a+b²) et donc son utilisation est claire et précise

Un concept à frontière floue est un concept pour lequel on a une définition floue et donc son utilisation est floue. La définition est uyn critère de démonstration entre deux choses et qui nous sert à décrire une certaine réalité. Présent pour le scientifique, passé pour l'historien.

Il y aura des évènements qui seront à la marge entre deux concepts, d'où l'interprétation. La multiplication de ces concepts à frontière floue risque de conduire à un flou général de la pensée.
On retrouve ce problème avec l'histoire de l'art.
Ex: Schubert (romantisme) à repris le modèle de Sonate de Bach(classicisme) et cette sonate est toujours écoutée aujourd'hui parce que son thème est actuel (modernisme).
Lorsque l'on classe un évènement ou un artiste, parle-t-on des dates, de la personne, de l'auteur, de l'œuvre, de la technique, du thème?

Les difficultés que nous venons de voir montrent que le travail de l'historien ressemble un peu à celui du bricoleur, c'est - à -dire qu'il utilise un concept, il a l'impression qu'il décrit bien la réalité, mais, dans son travail, il peut également s'apercevoir que ce concept est inadéquate, notamment par la découverte d'une nouvelle trace, et c'est cela qui l'oblige à changer de mode opératoire.

Un historien va produire une thèse puis l'exposer, soit il sera apprécier, soit critiqué. L'explication historique ressemble fort à ce que nous faisons au quotidien lorseque nous expliquons un évènement.
Ex : Pourquoi Joséphine a-t'elle décidé de faire des études d'arts Plastiques?
Chacun va donner une raison qui ne sera jamais qu'une approche de la vérité.
Par analogie, on peut toujours se demander pourquoi à eu lieu la Révolution de 1789 en France?

Cependant l'historien ne fait pas de déductions, il ne fait pas non plus de prédictions, mais n'émet que des hypothèses. En histoire, contrairement aux sciences, les mêmes causes ne produisent pas toujours les mêmes effets.
L'historien ne déduit rien, il ne prédit rien car il n'utilise pas de modèle explicatif comme en science. Son travail ressemble plutôt à celui du détective.

Peut-on dire que la discipline historique fait des progrès?
En un sens, oui, car le trvail de l'historien, la technique d'explication en histoire est de plus en plus rationnelle aujourd'hui qu'avant (progrès techniques, sociaux).
En un sens, non, car l'explication en histoire ne progresse pas de façon linéaire et continue vers la "vérité historique absolue".

Lorsque des historiens ont cru qu'ils avaient trouvé une méthode scientifique pour faire l'histoire, ils n'ont plus fait de l'histoire mais de la politique (exemple des philosophes marxistes).

b - la causalité historique

L'histoire ne consiste pas uniquement à recueillir des faits. L'historien ne veut pas seulement noter que quelque chose est arrivé. Il veut surtout expliquer pourquoi tel évènement est advenu. Mais en tentant d'établir un rapport de causes à effets, il peut être tenté  d'éliminer ce qu'il y a de contingent. Or l'histoire est lacunaire en raison de la perte, de la disparition de traces. Il va donc établir un rapport sans documents aui pourraient être importants.

La causalité en histoire est l'art de "remplir les trous" "P Veyne comment on écrit l'histoire
Le problème de causalité est la rétro diction (un évènement ayant eu lieu, on en cherche la bonne explication) La rétro diction, c'est l'étude de la probabilité d'une hypothèse.

EX : Louis XIV devient impopulaire (A)
         parce que (subjectivité)
         les impôts s'alourdissaient (B)


A : ensemble de preuves montrant que louis XIV devient impopulaire
B : ensemble de documents montrant que les impots s'alourdissaient

La responsabilité de l'historien est de relier logiquement deux évènements. Cela signifie pour nous que la causalité est produite par l'historien mais on ne peut pas être certain absolument que c'est la véritable cause, ni la seule. Dans ce cas, la causalité est confuse. La conséquence est qu'il faut déterminer quelle est la cause la plus importante. cela signifie que le raisonnement de l'historien est établit inductivement (=/ déductivement)
L'historien est obligé de faire comme si d'une certaine façon l'histoire se répétait toujours. S'il n'y a aucune rétro diction, le récit historique est impossible. C'est à dire qu'il en reste à du journalisme, car il n'aura pas mis en place un schéma de référence explicatif. S'il y  a trop de rétro diction, il en devient des caricatures, des raisonnements répétés trop souvent excluant de la pensée l'exception.

En histoire, du point de vue de la causalité, tout n'est pas possible et rien n'est jamais absolument certain. Dans ce texte de Cournot (Considération sur la marche des idées et des évènements dans les temps modernes - 1873 p 9-10)
, il cherche les symptômes du discours historique.

Il existe deux types de philosophes:

- nature, essence, définition de l'homme=> idéalistes
Aristote, Platon, Descartes, Hegel, Kant, Sartre

- symptômes => réalistes
Pascal, Wittgenstein, Aristote, Hobles, Cournot

Essentiel : ce qu'on ne peut pas enlever à un être sans le dénaturer.

Sciences :
- enchaînement nécessaire des causes et des effets
- lois => possibilité de reproduire le phénomène
- nécessité absolue

Histoire :
- rapports entre les évènements
- la théorie historique est insuffisante pour expliquer. Pas de reproduction, répétition d'un évènement possible
- étiologie : "entendant par là l'analyse..."  ex du jeu d'échec :  avoir des possibilités multiples mais le rôle de chaque pièce est limité. Aux échecs comme en histoire, les décisions reposent sur une attitude réfléchie. Le hasard est limité par la liberté humaine.


Loterie :
- suite d'évènements sans lien entre eux
- succession d'évènements appelés chroniques
- contingence absolue


La causalité en histoire est ce que l'on appelle l'étiologie. L'histoire a une grande valeur pédagogique parce que dans les matières scientifiques, on appréhende la ralité à partir de théories explicatives toutes faites. Donc, en un sens, ce n'est pas très pédagogique. Or, en histoire, on appréhende la réalité à partir de rapports complexes entre la nécessité et la contingence parce que tout n'st pas fixé dans des théories.

II - Y a t'il un sens à l'histoire?

- L'histoire de l'humanité est-elle un destin dans lequel les hommes seont entraînés et donc totalement dépendants?
- Y a t'il un fil conducteur nécessaire dans le processus historique qui nous permettrait de mettre au jour la finalité de l'histoire ou ce vers quoi l'humanité va?

- Deux axes :
- le déroulement a-t'il une direction, un sens?
- Y a t'il un point final de l'histoire?

a) la théologie de l'histoire

st augustin "les confessions"

St augustin invente l'idée d'histoire en s'interrogeant sur l'origine de la vie sociale.

Pour lui, les hommes vivent ensemble par amour pour un objet commun  "tout amour engendre une communauté"
Or, dans l'homme, il y a 2 amours :
- Amour de Dieu => cité céleste => ordre idéal, éternel et stable
- Amour matériel => Ordre réel, ordre politique superficiel, cité terrestre et apparent simplement fondé sur des valeurs matérielles. Ordre temporel donc éphémère.

L'idée de progrès moral, spirituel est une rupture dans la culture occidentale inventée par le religieux St Augustin.
Pour lui, le point commun entre tous les peuples est l'amour de la paix. Pour lui, les peuples ne se font la guerre qu'en vue de la paix. Paix : ordre et tranquillité

L'ordre apparent de la société terrestre est relativement en désordre (crise économique). Donc la paix terrestre est une paix de surface, car elle est temporelle => Seule la constitution de la cité cité divine peut être considérée comme la finalité de la création des hommes.
Voilà pourquoi le devenir de l'humanité , sa finalité c'est la béatitude éternelle ou la réalisation de la cité céleste sur terre.

Pour St augustin, l'histoire a 2 sens :
- superficielle (cité matérielle)
- essentielle (cité divine)

Une signification superficielle quoi touche seulement l'histoire des peuples (politique) et une signification profonde qui touche cette fois-ci la réalisation de la cité divine.
Dans la réalité, les 2 cohabitent. De ce point de vue, le sens de l'histoire est théologique.

On a deux types de hasards :
- le hasard est un fait naturel => Cournot
- le hasard est du à l'ignorance => Bossuet


Hegel (1770 - 1831)
texte : la raison gouverne le monde
" Tout ce qui est réel est rationnel, tout ce qui est rationnel est réel"

La philosophie de Hegel est chargée de montrer 3 choses :
- le devenir historique, c'est le devenir et la réalisation de la raison dans le temps
- l'Histoire se confond avec le développement de la réalité
- la raison universelle n'est pas extérieure à l'histoire ni au temps, comme chez St Augustin, mais elle est la réalisation de la raison elle-même.

Les aspects positifs de cette théorie sont :
- pour Hegel, on ne peut comprendre le présent que comme un moment de la réalisation de la raison (il n'y a pas de hasard)
- l'absurde n'existe pas, puisque Hegel part d'un postulat "ce qui est rationnel est réel, ce qui est réel est rationnel"

Donc :
- tout ce qui advient dans l'histoire advient nécessairement selon une Raison Absolue, c'est à dire que pour Hegel il n'y a pas de contingence historique.
- On peut avoir une connaissance absolue de l'histoire, parvenir à une vérité à condition de saisir philosophiquement la nécessité qui est à l'œuvre dans le développement historique (donc un développement rationnel)

Pour Hegel, la philosophie c'est la capacité à s'élever au niveau de cette raison absolue => c'est la capacité à comprendre le pourquoi de toute chose, puisqu'il n'y a pas de hasard.
Pour Hegel, la Raison n'est pas extérieure à l'histoire, au contraire elle s'y développe.
Ex de sujet : toute réalité est-elle matérielle?

Cela est possible parce qu'Hegel ne distingue pas la rationalité de la réalité. Ces 2 choses ne font qu'un.
C'est pourquoi Hegel peut dire que la Raison est la substance de la réalité.
Ce qui est démontré par sa philosophie de l'Histoire, c'est à la fois son sens, sa direction et son contenu pour y arriver.
Tout évènement est un moment de la réalisation de la raison.

Pour Kant, au contraire, la rationalité et la réalité sont distinctes. C'est à dire que l'esprit humain impose à la réalité certaines notions ou concepts pour la connaître.
Pour Kant, la rationalité n'est pas dans les choses mais dans la manière que l'on a de les penser. Pour lui, il y a du hasard car raison et réel ne sont pas confondus.

Hegel refuse cette distinction, ce qui fait que Hegel attribue au mot Raison un sens qui n'est pas celui de tout sens commun.
La raison pour l'homme :
- une capacité de compréhension
- une capacité à distinguer le vrai du faux
- le respect des lois de la logique

Hegel identifie la raison, la réalité, la philosophie puisque ces 3 choises ne fonr qu'un dans l'histoire.  Il juge les autres philosophies à partir de la sienne.
On retrouve l'idée augustinienne que la partie apparente de l'histoire n'est pas l'essentiel. La signification profonde exige qu'on s'élève à une compréhension philosophique de l'histoire ( la sienne!)

Toute sa philosophie de l'histoire repose sur 4 postulats:
- La réalité historique existe indépendamment des hommes
- le temps est conçu comme une ligne droite allant à l'infini
- l'histoire a une sens, c'est à dire à la fois une direction définitive et une signification.
- l'histoire a une finalité, c'est à dire qu'elle poursuit un but (dans le temps, les choses doivent se réaliser dans le temps)

Dans une conception linéaire du temps où tout est rationnel et réel, on observe des progrès, comme les droits de l'homme.

Critique de la philosophie de l'histoire de Hegel

- 1er grief :
 Un historien n'accorde qu'une valeur interprétative à la causalité qu'il met en place. Hegel, lui, accorde une valeur absolue à la signification philosophique de l'histoire.  Pour Hegel, tout ce qui arrive doit arriver. C'est à dire que pour lui la causalité n'est pas fortuite mais prédestinée par la Raison.

- 2ème grief :

L'Antiquité a connu de grands historiens : Tite Live, Plutarque, Thucydide, mais l'antiquité n'a pas élaboré de philosophie de l'histoire, parce que l'antiquité n'a pas connu de temps linéaire. Dans la philosophie d'Aristote, le temps est essentiellement cyclique, c'est à dire qu'il n'a ni commencement ni fin. L'histoire a un rythme mais elle n'a pas de sens.
Au contraire, notre conception de l'histoire semble présupposer l'idée chrétienne du temps.

- 3ème grief :
L'humanité est conçue chez Hegel comme un être vivant universel. Là encore, il s'agit d'une idée chrétienne du genre humain ayant un destin scellé avec le créateur.
La Théologie de Hegel peut paraître affadie, si on prend cette idée avec Marx, on peut parler de théologie laïcisée. C'est à dire que le destin de l'humanité n'est plus la cité de Dieu. Ce n'est plus la réalisation de la Raison, mais la société sans classe.

- 4ème grief :
La philosophie de Hegel semble considérer que les individus réels n'ont aucune importance. Paradoxalement, chez Hegel, l'individu n'est qu'un être abstrait. Ce qui est abstrait est ce que l'on dégage de ce qui est réellement concret. Hegel inverse la signification des termes : ce qui est normalement abstrait devient pour lui le plus concret. Ce qui d'habitude est concret devient pour Hegel abstrait. Ce que Hegel présente comme étant un "savoir" philosophique, n'est peut-être qu'une croyance.

- 5ème grief :

Dans cette conception de l'histoire, les individus n'apparaissent que comme des instruments au service de la réalisation de la Raison. C'est à dire que nos désirs, nos intérêts, nos volontés, n'ont de réalité et de sens que par rapport au sens de la totalité. Les individus sont inconscients du véritable sens de leur existence. Ils croient vivre une vie individuelle, personnelle, alors qu'ils ne sont que les instruments de l'histoire. Pour Hegel, l'action doit et peut être envisagée de 2 façons : individuellement, mais là nous sommes dans la croyance, et du point de vue de la totalité où cette fois les actions prennet un sens à partir du sens de la totalité.

=> Qu'est-ce que la liberté selon Hegel?

- Elle n'est pas la satisfaction des désirs propres à chacun
- Elle n'est pas une capacité à agir rationnellement, indépendamment de certaines choses dans la réalité (goûts, compétences etc...)
Pour Hegel, il s'agit d'une liberté abstraite et non pas concrète.
- Être libre c'est s'élever à la connaissance de la nécessité à l'œuvre dans l'histoire => Avoir compris la philosophie de Hegel

Les hommes ne sont que des pions dans un jeu qui les dépasse. Contrairement, un grand homme est celui qui a un moment donné de la vie ou de l'histoire voit ses intérêts subjectifs coïncider avec le sens de l'histoire. Le Grand Homme n'est donc pas libre d'agir ou de ne pas agir de telle ou telle façon. Il est seulement celui par lequel se réalise le dessein de l'humanité.

- 6ème grief :
On peut se demander si la philosophie de l'histoire de Hegel n'est pas contradictoire. En effet, tout ce qui apparaît dans l'histoire n'a de sens qu'en fonction du moment auquel il apparait et ce moment n'a lui-même de sens qu'en fonction de la totalité. Or, la philosophie de Hegel apparaît elle aussi à un moment donné de l'histoire et in peut donc la considérer comme un évènement particulier (déterminé dan le temps)
=> Donc soit le philosophe Hegelien prétend avoir atteint le savoir absolu et expliqué la totalité du sens de l'histoire; soit la philosophie de l'histoire de Hegel est contradictoire puisqu'elle serait un point de vue à la fois particulier et général.


=> Pascal

Si l'on refuse la philosophie de l'histoire de Hegel, par quoi peut-on la remplacer ? 
- Cournot
- Pascal

On peut proposer la solution Pascalienne à savoir que l'histoire n'est qu'un amas confus, et même uin chaos sanglant, tout du moins en apparence. Car les hommes ne parviennent pas à mettre au jour une causalité vraie du temps et de l'histoire. "Le nez de Cléopatre, s'il eût été plus court, la face du monde en aurait été changée." fragment 413.
Ce que veut dire Pascal, c'est que l'histoire est à la fois tragique et comique. Car des petites causes peuvent avoir de grands effets. Mais l'histoire est également tragique parce qu'on ne comprend pas toujours les causes de certains faits. Donc l'histoire est tragicomique.
Le sens de l'histoire est incompréhensible parce que n'importe quoi peut engendrer n'importe quoi. Cette causalité en histoire s'oppose radicalement à celle de la nature. "Les mêmes causes produisent toujours les mêmes effets"
Toutefois, pour Pascal, on peut mettre en évidence une certaine continuité dans l'histoire de l'homme, celle de l'Église. Toutes les institutions passent, mais l'Église reste. Donc il va dire que seul le point de vue de la foi peut donner un sens à l'histoire des hommes.
De même dans une anamorphose, il faut trouver le point à partir duquel le tableau devient intelligible. Dans l'histoire, il faut trouver le point grâce auquel le chaos des évènements humains devient significatif. Donc, à la différence de Hegel, ce n'est pas la Raison qui gouverne le monde mais Dieu, la foi. Chez Hegel, la liberté individuelle n'a pas de sens. Chez Pascal, il n'y a pas de ruse de la raison, c'est à dire que Dieu ne se sert pas des hommes pour parvenir à ses fins. Pascal est conduit à dire qu'il n'y a pas d'opposition entre la volonté divine et la liberté humaine, car la prière est un lien qui permet à l'homme d'influer sur Dieu. Ceux qui prient exercent une sorte de causalité sur l'être tout puissant, Dieu.
Ex ; Les premiers chrétiens, des gens simples, sans forces, auraient changé la face du monde pour toujours grâce à des prières et des actions.

A la différence de St Augustin et de Bossuet, la thèse de Pascal ne nous fournit pas une interprétation toute faite de l'histoire et de chaque évènement. "L'homme est assurément trop infirme pour pouvoir juger sainement de la suite des choses futures. Espérons donc en Dieu et ne nous fatiguons pas pour des prévoyances indiscrètes et téméraires"

III - Les sciences humaines sont-elles des sciences exactes?

En étudiant la notion d'histoire, nous avons constaté :
- que l'historien était confronté à de nombreux problèmes épistémologiques
- que lorsque l'on pose la question du sens de l'histoire nous sommes conduits à une problématique qui n'est plus scientifique mais métaphysique et religieuse.

Maintenant, toutes les disciplines tendent à s'appeler "sciences"
ex : la pédagogie s'appelle maintenant la "science de l'éducation".
Mais on peut se demander si cette appellation est justifiée pour des disciplines comme l'Histoire, la psychologie ou la sociologie.

a) qu'est-ce qu'une science?


- Une science n'est pas la simple systématisation des résultats expérimentaux.
- La science n'est pas non plus la généralisation à partir d'observations

Une science, c'est un modèle abstrait qui projeté sur un domaine du réel. Ce modèle comprend 3 choses :
- Une structure conceptuelle
- Une structure mathématique
- X,Y, représentation des éléments de la réalité grâce auxquels le modèle peut se rapporter à la réalité qu'il explique.

Aucune science humaine ne peut être décrite de cette façon pour 3 raisons:
- Dans les sciences humaines, aucune structure conceptuelle n'est incontestée.
=> Toute théorie est contestable au nom d'une autre théorie

b - Il faut distinguer ce que l'on appelle la scientificité et la rationalité.
La rationalité correspondrait au sens commun , tandis que la scientificité correspond à la démonstration. La rationalité ne dépend pas de la scientificité, mais la rationalité suppose seulement que l'on argumente, que l'on essaye d'être clair et que l'on évite ce que l'on appelle un argument d'autorité.

c - Il faut distinguer science et idéologie. Est idéologique toute explication qui prétend expliquer la totalité du réel à partir d'un de ses aspects.
ex : la nazisme est une idéologie car l'ensemble de la société est expliquée à partir de la théorie raciale.

On peut penser que certaines idéologies se parent du statut prétendument scientifique de sciences humaines pour imposer certaines théories à la société.
ex : Marx prétend que le communisme est l'explication vraie de l'Histoire

Sujets possibles sur le chapitre :
- L'historien peut-il être objectif?
- Peut-on expliquer un fait historique?
- Le futur n'existe-t'il que dans notre pensée?
- Cela a-t'il un sens de vouloir échapper au temps?
- L'interprétation est-elle affaire de choix?
- Suffit-il d'être dans le présent pour vivre le présent?
- L'objectivité de l'histoire suppose-t'elle l'impartialité de l'historien?
- Le langage trahit-il la pensée?                                                                                                                                                      

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Published by dupuyL2 - dans Philo
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