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23 septembre 2009 3 23 /09 /septembre /2009 15:52
Introduction :
Texte de Hobbes : Léviathan chapitre 6

Il est définit dans le texte que la volonté est "l'acte de vouloir" et non la faculté alors que le sens commun serait que la volonté soit un appétit rationnel. volonté = envie. L'appétit est une tendance à aller vers un bien. C'est l'action de rechercher à atteindre le bien. On a donc ici une thèse matérialiste sur la liberté, car les désirs l'emporteraient sur l'esprit. L'homme est un être de désirs et d'appétits.

Hobbes nous propose ici une conception non rationnelle de la liberté , une conception matérialiste de l'acte de délibération : elle repose sur l'appétit. L'appétit ne constitue pas un choix entre 2 choses. Il est ce qui s'impose en dernier lieu. Cet accomplissement est déterminé par le fait qu'il y ait empêchement ou pas dans le désir, l'appétit. Le dernier appétit en acte constitue la volonté. La volonté est une action matérielle, et non la représentation mentale ou intellectuelle entre deux possibilités qui seraient à égalité. Hobbes ne distingue pas deux types de finalité, celle de la pensée, et celle matérialiste du corps. il ne se situe donc pas dans une philosophie dualiste (comme chez Descartes). Hobbes considère ici comme illusoire tout ce qui d'habitude semble essentiel dans notre définition de la liberté, à savoir la raison.

=> Définition de la raison pour Hobbes :
Raisonner c'est calculer bien ou mal en vue de satisfaire mes désirs.
La Raison n'est pas une faculté propre à me détacher de mes désirs. Elle est au contraire leur instrument.
La Raison n'est pas une capacité à me déterminer à agir (indépendamment de mes passions, mes envies, mes appétits)

Nous allons devoir nous demander 3 choses
- Est-ce que l'idée de délibération rationnelle est-elle une illusion.
- Quel rôle joue la volonté dans l'exercice de la liberté?
- Qui peut réellement exercer sa liberté? Est-ce toute chose ou uniquement un être rationnel, voire certains êtres rationnels?

La thèse de Hobbes est à l'opposé de celle de Descartes, pour lequel la liberté et la volonté de font qu'une, et sont complètement rationnelles

Descartes : La Raison est volonté
Hobbes : Le Désir est volonté

"La liberté de notre volonté se connaît sans preuve par la simple expérience que nous en faisons. Au reste, il est si évident que nous avons une volonté libre qui peut donner son consentement ou ne le pas donner quand bon lui semble, que cela peut être compté pour une de nos plus communes notions"
Descartes, Principe de la philosophie

I - La Délibération n'est-elle qu'une illusion?
1) Peut-on délibérer
La philosophie matérialiste de Hobbes repose sur un présupposé majeur qui est que l'homme est conduit par ses passions, ses désirs, ses intérêts. La Raison n'est qu'une faculté de calcul, elle est l'instrument de nos désirs. Cette thèse sera retrouvée chez Sartre dans l'Etre et le Néant mais à partir d'un présupposé philosophique différent.


Explication de texte :

Sartre l'Etre et le Néant "Délibération, illusion et mauvaise foi"
Pour Sartre, la délibération se passe en 2 phases indissociables l'une de l'autre, imbriquées l'une dans l'autre:
- Le langage, la volonté, la culture, objectivement
- Le sujet, la conscience, le projet, la spontanéité, la liberté


L'auteur montre que la délibération n'est qu'illusion, car c'est à la fois une erreur sur ma capacité à me déterminer par moi-même et en plus c'est un désir de faire copmme si j'étais capable de me déterminer.
Cette prétendue lucidité avec laquelle je suppose pouvoir peser les raisons de mon choix (le mobile) n'est qu'une illusion de liberté qui masque les déterminismes socio-culturels auxquels je suis soumis.
Mais, en plus, le fait de faire comme si j'étais libre en me donnant l'impression de liberté fait que je suis de mauvaise foi.

=> Présupposé de Sartre
Il consiste à refuser l'idée que l'on puisse objectiver nos raisons d'agir puisque ce ne sont pas des objets, mais précisément des contenus de conscience. Les derniers ne font qu'un avec moi-même.
Donc être libre ne consiste pas à délibérer objectivement. Pour lui, la liberté est le "jaillissement originaire", la "spontanéité libre"

Pour Sartre, l'Homme existe comme projet fondamental. (l'existence précède l'essence - subjectivité avant objectivité) c'est à dire je ne suis rien, je ne suis que ce que je projette d'être. "c'est donc la position de mes fins ultimes qui caractérise mon être et qui s'identifie au jaillissement originel de la liberté qui est mienne" L'Etre et le néant 4ème partie


=> Rq 1 : le sens sartrien de la liberté est très étrange pour le sens commun

=> Rq 2 : Sartre refuse le sens habituel de la liberté c'est à dire délibérer objectivement.


=> Donc nous sommes totalement libres mais contraints aux déterminismes sociaux (barrières à la liberté?). Pour Sartre, la subjectivité est absolue, le déterminisme est relatif (cela dépend du contexte, de la date...)

La liberté n'existe que dans un choix fondamental qui est irréfléchi et qui consiste à adopter face au monde telle ou telle attitude (un professeur, un médecin...) C'est dans ma manière de me situer dans le monde que réside ma liberté et non dans une réflection objective sur ce qui me détermine.


2 ) La responsabilité

Le problème posé par cette thèse ( Sartre) est celui de la responsabilité. Sartre dit que puisque nous sommes totalement libres, nous sommes donc fatalement totalement responsables. Mais quelle peut être la signification d'une telle responsabilité si elle n'est pas réfléchie, raisonnée à partir d'éléments objectifs?

Si la liberté consiste en un jaillissement originel, on ne voit pas pourquoi une personne pourrait être tenue pour responsable de ses actes. Le concept de responsabilité suppose qu'une attitude soit le résultat d'un choix rationnel, et non l'adoption non réfléchie de telle attitude. Donc les notions de liberté et de responsabilité sont directement liées puisque c'est parce qu'une personne est responsable qu'elle est considérée comme libre.
 
C'est ce qu'explique Hegel dans le paragraphe 100 "Du fait
même que la peine est considérée comme le droit propre au criminel, en le punissant on honore le criminel, à un être raisonnable on ne lui accorde pas cet honneur si l'on ne tire pas de son acte même le concept et la mesure de sa peine".
La sanction n'a de sens que parce que l'on considère que tout être est un être libre et on le suppose libre car responsable de ses actes. On la conséquence suivante selon laquelle la responsabilité consiste à avoir agi après réflexion.

Quand on déclare un individu irresponsable, c'est qu'on le déclare mentalement irresponsable, et on suppose de ce fait qu'il n'était pas libre d'agir. La liberté consiste à agir après délibération, chez Sartre, être libre est d'éviter toute délibération. Pour lui, délibérer c'est être de mauvaise foi. Etre de mauvaise foi, c'est invoquer des motifs et des mobiles comme causes de nos actions alors que au contraire nos actes n'ont de sens que celui que ma liberté subjective nous prête. C'est la raison pour laquelle la liberté Sartrienne se révèle par l'angoisse, le doute. Parce que la liberté se révèle comme une rupture absolue entre le monde réel et moi-même. Pour Sartre, être libre c'est choisir en permanence son être. Donc paradoxalement l'être de l'homme c'est de ne pas en avoir, d'où "l'existence précède l'essence".

3) Vertu et Liberté

Chez Aristote, on trouve une théorie de la vertu. La vertu, c'est une disposition acquise, volontaire à agir de façon réfléchie en vue d'accomplir un bien. Être vertueux est une capacité à délibérer correctement donc c'est à l'opposé des thèses de Sartre et de Hobbes. La vertu comme disposition nous rend capable de poser les actes les meilleurs à la fois selon moi-même et selon la Raison. Il y a donc deux types de vertu :
Vertu intellectuelle : connaissance théorique
Vertue morale : la disposition de notre caractère à agir de telle ou telle manière

Pour Aristote, pour être vertueux, il s'agit d'agir selon certaines dispositions, et plus précisément, c'est être mesuré. C'est ce qu'Aristote appelle un état habituel en nous => éthos
Ex : En quoi Don Juan est-il dans l'excès?
D'un côté il les séduit toutes, de l'autre il n'en aime aucune. Le juste milieu est donc d'en aimer une seule.
"Toute action vise un bien" Aristote. Vertus: tempérance, magnanimité, courage amitié...

La vertu n'est pas une notion quantitative mais qualitative. Elle varie selon le sujet les circonstances. La différence entre vice et vertu est que nos actions sont soumises à une délibération rationnelle. Donc nous sommes maître de nos vertus et de nos vices car c'est par nous-mêmes que nous les acquérons mis une fois ces dispositions acquises, nos choix nous échappent en partie. Par conséquence, on n'est jamais totalement livre parce que nous agissons selon des habitudes mais en même temps nous ne sommes jamais totalement aliénés (devenir autre) car nos dispositions résultent de nos choix. L'acte laisse une trace positive ou négative dans l'âme et le corps. La vertu en s'exerçant nous dispose à l'exercer mieux. Le désir devient de plus en plus capable de suivre la raison. Pour Aristote, être libre c'est être vertueux.

4 ) La Sagesse

Ce qui nous est étranger dans cette philosophie c'est l'idée que ce qui est essentiel dans l'action libre n'est pas de l'ordre de l'intellect (pensée rationnelle). Pour les grecs en général et plus particulièrement pour Aristote, être lire c'est savoir ce qu'il convient de faire. C'est ça la sagesse, le juste milieu entre le vice et la vertue. Or, pour les modernes, la liberté est absolue.
La Prudence est la maîtresse de la vertu (courage, tempérance, magnanimité...)
La Prudence est la vertu par excellence, aux 2 sens du terme : moral et au sens de l'efficacité.  L'homosexualité n'est pas visée par ça. Aristote ne dit pas que c'est nécessairement 2 êtres différents. Il n'y a donc pas de déterminisme. Vertu morale et Vertu intellectuelle s'incluent réciproquement.
Vertu intellectuelle : savoir théorique
                                                       : prudence
Vertu moral : capacité à agir

En puissance (essence, nature) : graine => bourgeon=> fleur
En acte (actualité) : fleur => bourgeon => graine
Ce n'est donc pas du déterminisme mais de la causalité. Donc tout être humain peut devenir libre.

5) Peut-on vouloir le mal?


Ce que l'on pourrait reprocher à Aristote, c'est de dire qu'être libre c'est être déterminé à faire le bien. En un sens, être libre c"est être déterminé à faire le bien mais comme nos dispositions sont acquises et que l'éducation joue un grand rôle dans cette acquisition de nos habitudes, Sartre dirait "Quand je délibère, les jeux sont faits". C'est à dire que pour Sartre la liberté est truquée. Pour les Grecs, la volonté n'est pas une puissance des contraires. Cela signifie que l'on ne peut pas vouloir le mal pour le mal. Etre mauvais pour les grecs c'est être stupide, ignorant. Platon "nul n'est méchant volontairement".

Etude de texte - Platon - Ménon

Avec ce texte de Platon, nous sommes aux antipodes de l'idée chrétienne de la volonté qui suppose que l'homme peut vouloir le mal pour le mal à cause de la présence en l'homme du pêché originel.
- Argument 1 : Si quelqu'un désire quelque chose de mauvais, soit il sait que c'est mauvais, soit il croit que c'est bon
- Argument 2 : Si il croit que c'est bon, il ne désire pas quelque chose de mauvais.
- Argument 3 : Si il croit que c'est quelque chose de mauvais, son désir est d'obtenir quelque chose de mauvais.
- Argument 4 : Les choses mauvaises font du mal à ceux qui les obtiennent, ceux qui les réalise, et les rendent malheureux.
- Argument 5 : Si quelqu'un pense qu'une chose est mauvaise, il pense que l'obtenir le rendra malheureux, misérable, or "est-il donc un homme qui veuille être malheureux" personne ne veut être malheureux.

Donc personne ne désire ce qu'il pense être mauvais. On retrouve cette argumentation dans le Protagoras de Platon.
Platon peut montrer ou expliquer qu'il est absurde de dire que l'on fait le mal en recherchant le bien car il assimile le bien à l'agréable et le mal au désagréable. Il y a chez Platon l'idée que l'homme effectue un calcul des plaisirs et des peines. Il ne faut pas considérer le plaisir et la peine à un moment donné mais il faut le considérer dans le temps. Celui qui est vaincu par le plaisir ne fait pas le mal en sachant qu'il le fait parce qu'il est incapable de calculer par rapport entre le plaisir et la peine, c'est à dire le bien et le mal pour le long terme.


On s'aperçoit qu'il y a deux grandes thèses sur la liberté : celle des grecs, Platon et Aristote, qui fondent la liberté dans la délibération rationnelle en montrant comment la vertu s'acquiert et se conserve. Par conséquence, la liberté n'est pas absolue et elle relève plus de l'intellect, de la raison, que de la volonté. Il est plus important de savoir que de vouloir. La conception moderne conçoit la liberté comme un absolu, mais de deux façons :
- soit cet absolu est uniquement matériel - Hobbes
- soit il est compris comme une volonté subjective qui se passe dans l'existence - Sartre

II - La liberté, la Raison et le Bonheur
1 ) l'ambivalence de la liberté


Si la Raison peut bien nous faire connaître ce qu'est le bien, ce n'est pas elle qui nous fait agir, mais la volonté. Le problème est moins de déterminer ce que je dois faire, que de parvenir à vouloir toujours savoir ce que je dois faire.

Kant au XVIIIème siècle s'interroge sur les fondements de la possibilité d'une mauvaise action. Pour lui, il y a deux origines possibles du mal :
- Soit on l'attribut à notre sensibilité qui est la part animale de l'homme.
Kant fait remarquer que si nos inclinations (tendances) sont naturelles, alors elles sont ni bonnes ni mauvaises, et sont indépendantes de notre volonté. De plus, si l'homme peut être un être moral, c'est précisément parce qu'il a des inclinaisons. On constate cette moralité lorsque par exemple nous avons des remords.
- Soit le principe du mal est inscrit dans la raison humaine elle-même?
Non, selon Kant, parce que cela supposerait une raison, qui, se représentant la loi morale, déciderait d'agir sciemment contre elle. Donc ce n'est pas non plus la Raison qui peut être à l'origine de l'action du mal. Donc Kant en vient à définir la volonté comme une capacité à se déterminer par elle-même (la volonté est indépendante de la Raison et des désirs. Elle est donc autonome)

Avec Descartes, on peut repenser les rapports entre la Raison et la volonté. Mais pour le bien comprendre, il faut revenir à Epictète (Stoïcien). La conception stoïcienne de la liberté est indissociable d'une philosophie de la connaissance de ce qu'est la réalité. Pour eux, la réalité est un cosmos. C'est à dire que le monde est fini, organisé, harmonieux, et la sagesse pour l'homme consiste à connaître cet ordre des choses autant qu'il est possible. Une fois cet ordre connu, on s'aperçoit que ce qui arrive arrive selon un ordre nécessaire. Pour les Stoïciens, il est à la fois irrationnel et vain de vouloir que cet ordre des choses soit autrement qu'il n'est. Corrélativement, ce soit les désirs qui nous transportent dans l'irréel, l'illusion, parce qu'il y a un ordre des choses déterminé. Au contraire, la raison nous conduit à vouloir les choses comme elles sont, et donc à changer nos désirs plutôt que l'ordre du monde.

Epictète "Il y a ce qui dépend de nous, il y a ce qui ne dépend pas de nous. Ce qui dépend de nous, c'est par exemple l'opinion, la tendance, le désir, l'aversion, en un mot toutes oeuvres propres; ne dépendent pas de nous le corps, la richesse, les témoignages de considération. En un mot, toutes les choses qui ne sont pas nos oeuvres propres. Les choses qui dépendent de nous sont naturellement libres et sans entrave, celles qui ne dépendent pas de nous sont facilement entravées et propres à autrui."

La solution pour les Stoïciens est d'accepter les évènements tels qu'ils arrivent. Et les seules choses qui dépendent entièrement de nous sont les représentations que nous faisons de ces choses. La liberté pour les stoïciens est que la représentation par la pensée seule est libre. C'est à dire que pour les stoïciens, la représentation des évènements n'est pas dans les évènements eux-mêmes, elle vient de moi et l'illusion consiste à croire que ce qui vient de moi vient de l'évènement lui-même. Il n'y a que des évènements que je juge heureux ou malheureux. Donc, Epictète dit que ce ne sont pas les évènements qui troublent les hommes mais les jugements qu'ils portent sur eux.
Ex : je tombe malade, en soi, c'est ni heureux ni malheureux, c'est neutre. Je ne suis malheureux qui si je juge que je ne devrait pas être malade. Il suffit donc de changer mon jugement pour ne plus être malheureux.

Lecture : Alexandre Jollien - la construction de soi

Pour éviter d'être déçu, il suffit de ne rien attendre. Bien user de nos représentations consiste à délimiter le moment présent et à s'y tenir. La bonne attitude devant l'évènement consiste, après avoir dépouillé notre jugement, nos pensées de tout ce qui venait de nos désirs et de nos délires, à ajouter à la nécessité la liberté de notre consentement. Il y a donc 2 styles de vie pour les Stoïciens :
- Celui des insensés, des irrationnels : ce sont ceux qui se laissent gouverner par leurs affects, leur ressenti, et par conséquent par les évènements qui sont causes de ces affects.
- Celui des sages ou de ceux en voie de le devenir. Le sage n'est pas insensible aux évènements ou à la réalités, mais il met une certaine distance entre lui et les évènements. Le sage joue un rôle, comme dans une pièce de théâtre.
Sujet : Suis-je ce que j'ai conscience d'être?

Epictète "Souviens toi que tu es comme un acteur dans le rôle que l'auteur dramatique a voulu te donner. Il dépend de toi de bien jouer le personnage qui t'es donné mais le choisir appartient à un autre. La liberté consiste essentiellement dans notre capacité à bien user de nos représentations. Dans la mesure où seul l'exercice de la pensée dépend de moi, être libre ce sera toujours conserver libre ma pensée. Pour les Stoïciens, être libre c'est accepter la nécessité, les évènements.

Retour à Descartes, qui a puisé les évènements importants de sa philosophie dans le stoïcisme. Avec Descartes, la réalité n'est plus conçue comme un cosmos. Plutôt que d'être soumise aux choses, la volonté se soumet toute chose (est dominante). C'est la possibilité de refuser. Descartes garde d'Epictète l'idée qu'il faut faire la différence entre ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas. Pour Descartes, il ne s'agit pas de renoncer à nos désirs, mais de les régler par rapport à ce que l'on est capable d'effectuer par nous-mêmes. Donc en principe, pas de condamnation de nos désirs.
Pour Descartes, régler ses désirs consiste à juger ce qui est en notre pouvoir. Ce qui est condamné par Descartes sont les excès  de certains désirs et de certaines passions. Etre libre pour Descartes, c'est faire tout le contraire de ce que fait l'enfant qui tente d'obtenir satisfaction en se faisant obéir de sa nourrice. Être libre pour Descartes, c'est sortir de l'enfance, c'est à dire d'un état dans lequel on cherche à satisfaire nos désirs par l'intermédiaire d'autrui. D'une autre manière, cela consiste à dire qu'il ne faut pas désirer ce que l'on ne peut avoir. On voit toute la différence avec Sartre, pour lequel la liberté est une rupture complète avec la réalité. Pour Descartes, on s'exerce à être libre. il faut prendre l'habitude de se détacher de ce qui ne dépend pas de nous. Être libre est un processus. On retrouve l'idée d'Aristote selon laquelle il faut "prendre l'habitude de se détacher de ce qui ne dépend pas de nous". Descartes = Epictète + Aristote

=> On a vu 2 modèles opposés : Sartre et Aristote. On peut placer entre les deux la conception de Descartes. Descartes fait la différence entre le bonheur et la béatitude. La béatitude ne se confond pas avec le bonheur, c'est à dire la chance qui nous échoit, sans que nous soyons la cause de ce qui nous arrive. La béatitude au contraire, c'est la joie que nous éprouvons lorsque nous avons conscience que nous sommes responsables de toute ce qui nous arrive. Donc, la béatitude au contraire, c'est la joie que nous éprouvons lorsque nous avons conscience que nous sommes responsables de tout ce qui nous arrive. Donc, la béatitude encore plus que le bonheur, suppose un recul à l'égard des choses et même des personnes tandis que le bonheur est encore l'effet des choses sur nous. Dans la béatitude les choses ne peuvent plus nous atteindre. Et c'est en ce sens que la liberté tend à être une forme d'ironie (ne prendre rien au sérieux, mettre une distance entre soi et toute chose).

Ce qui fait que l'homme est libre, c'est qu'il raisonne pour agir. Si ce n'était pas le cas, ça serait un Dieu ou une bête. A la différence de Kant pour lequel être libre c'est se représenter une règle universelle (loi morale) à la différence de Sartre, pour lequel la délibération est toujours truquée. L'être libre c'est celui qui pense rationnellement, plus ou moins. La liberté réside donc dans le fait que je puisse bien ou mal raisonner.
Ex : je suis au moment du dessert, et j'ai le choix entre un tiramisu et une poire. Que fais-je? je mange le gâteau en ayant conscience des inconvénients que cela a sur ma santé. Le lendemain, je fais une analyse, et j'ai un taux de sucre trop élevé. Je regrette.
Vu comment l'on a décrit l'exemple, cela nous montre que l'on délibère, que l'on pense. Au moment du dessert, j'avais le choix. C'est à dire que j'aurais pu choisir la poire plutôt que le tiramisu. C'est cela qui  montre que je suis un être rationnel doué de libre arbitrer. Il n'y avait aucune nécessité de manger quelque chose en dessert.

Spinoza parle d'illusion de la conscience libre. Pour lui, parce que nous avons conscience de nos désirs, nous pensons que notre conscience est libre. Spinoza dirait que je suis victime de l'illusion de la conscience. On peu alors lui répondre en disant qu'être libre c'est savoir ce qui dépend de nous et ce qui n'en dépend pas (Stoïciens) Ce qui me détermine à agir c'est non pas une cause que j'ignore mais les raisons pour lesquelles je me suis déterminé. Donc rien ne me détermine irrévocablement. Il reste toujours une possibilité avec l'action, parce que je pense les raisons pour lesquelles j'agis.

Pour que je sois libre, il faut que je puisse penser que je suis l'auteur de ce que j'ai fait. Donc si j'ai agi sans raison, cela veut dire que rien n'explique mon action. Rien ne me détermine avant l'action. Mais ce qui détermine, c'est le choix au moment de l'action, qui est irréversible puisque l'action est effectuée. La responsabilité (juridique et morale) de nos actes requiert que nos actions soient mues par des raisons, c'est à dire que nos décisions ne peuvent pas résulter de rien. Agir librement, c'est un jugement pratique et rationnel où l'on pèse objectivement le pour et le contre avec le risque de nous tromper. Mais, je décide de faire telle ou telle chose et l'on peut m'en tenir pour responsable. La liberté, c'est la capacité à avoir des raisons pour agir. Liberté et déterminisme ne s'opposent pas parce qu'il n'y a de liberté que s'il existe certaines possibilités déjà en place dans la réalité. Être libre, c'est s'insérer dans une réalité prédéterminée.

Étude de texte : Descartes "Liberté, volonté et bonheur"

souverain bien : le bonheur
volonté : le fait de pouvoir faire ou non une chose de façon absolue
l'âme : elle est d'une nature différente du corps
juger : affirmer ou nier quelque chose sur une chose ou une relation entre 2 choses
vertu : la résolution de faire les choses que l'on croit bonnes. C'est la force avec laquelle la volonté décide de s'y tenir, à ce que l'on croît.

- définition du souverain bien : l'addition des biens de l'âme, du corps et de la chance. C'est général, universel, mais subjectif. Le bonheur est accessible à tous.
- la raison est limitée, et peut faire des erreurs => volonté
Les biens matériels et la chance ne dépendent pas de nous. La connaissance peut être un élément important, mais elle est limitée, au-delà de nos forces, donc la seule chose en notre pouvoir est notre volonté.

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Published by dupuyL2 - dans Philo
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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 17/09/2011 12:04



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