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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 21:22

-> Quel est le lien entre la littérature et les débats d'idées (littérature & politique) ?


Introduction

 

Contexte politique :


 

Louis XIV est au pouvoir en 1661 (Pascal meurt un an après) & est l'aboutissement d'un mouvement qui veut tous les pouvoirs au roi (premier aristocrate) avec omnipotence du roi et centralisation des pouvoirs. En effet, Pascal, jeune, a connu un mouvement appelé la « Fronde » (moment de grands conflits dû à une opposition au pouvoir absolu du roi) et c'est pour cela qu'il va appeler la paix civile « le roi bien ». Pascal est pour la paix sociale, le loyalisme, le respect formel. Louis XIV est aussi l'aboutissement du goût du spectaculaire pour montrer le pouvoir qu'il a en tant que « premier aristocrate ».

 

Contexte intellectuel :


XVII° Siècle = révolution scientifique (Pascal : physicien et mathématicien)


Au XVI° Siècle, Copernic démontre l'héliocentrisme (soleil au centre du monde) contre le géocentrisme (terre au centre du monde = idée grecque, d'Aristote).

Au XVII° Siècle, Galilé prouve scientifiquement la théorie de Copernic avec la lunette astronomique mais est condamné par l'Inquisition parce qu'il effectue une remise en cause de dogmes.

Newton = gravitation universelle. Donc représentation du monde bouleversée.

Pascal = probabilités

Leibniz = calcul infinitésimal

Les sciences appliquées font également des découvertes :

- microscope (infiniment petit)

- lunette astronomique (infiniment grand)

- machine à calculer (Pascal)

- baromètre (prévision météo)


DONC, Siècle de révolution scientifique. Ce qui apporte une nouvelle représentation du monde, et, partant une nouvelle vision de l'Homme, de la condition humaine. (cf Fragment 185 « des deux infinis ») parce que l'on découvre que l'univers est infini, n'a pas de centre & de sens ?

 

Contexte religieux :


CRISE qui vient de conflits religieux.


A partir du XVI° Siècle, la présence de l'humanisme & de guerres de religions donnent à penser différemment le Christianisme où les dignitaires (pape, évêques...) oublient les paroles du Christ et ont une grande richesse tiré du vulgus pecum (peuple). Une division se fait donc au sein du Christianisme. D'un côté, une Église réformée (anglicans, protestants, huguenots, luthériens, calvinistes) assez austère et ne prenant plus en compte l'autorité du Pape. D'un autre côté, les catholiques qui croient encore en l'autorité du Pape. Ils vont effectuer une contre réforme où ils sont divisés en deux groupes : les jésuites & les jansénistes. Les jésuites ont un pouvoir casuistique, c'est-à-dire qu'il pardonne un pêché selon l'intention qu'avait alors le pêcheur. Les rois sont de leur côté. Les jansénistes, eux, sont plus austère et se plient à la rigueur, l'exigence de la foi. Pascal est de ce côté.

Les conflits issus du XVI° Siècle, amène au XVII° un scepticisme, une libre pensée (Libertins qui ne croient qu'en se qui est montrable, démontrable). Dom Juan de Molière illustre bien cette pensée : le personnage déclare « je crois que deux et deux font quatre ». Les libertins connaissent très bien les auteurs antiques (ils sont leur bagage intellectuel). Le philosophe Epicure en est un exemple ; Les épicuriens croient en la matière, au sens. Ces premiers libertins ont un esprit de relativisme, ils sont savants, érudits. Ils refusent les dogmes c'est-à-dire les lois et vérité de l'Eglise. Ils sont dans une demandes de preuves constante. (Certains d'eux sont les premiers athés, ils sont peu nombreux.) C'est une révolution. Ainsi de nouvelles idées sont apportées entre autres pas les salons de libertins. Il s'agit d'une révolution spirituelle, d'une émancipation. Ce mouvement d'idée ouvre les Lumières.

 

Le discours très rationaliste de Pascal est donc approprié pour s'adresser aux Libertins mais également aux Honnêtes Hommes & Esprits Forts. Il utilise aussi la persuasion par la foi & les sentiments.

 

 

EN CONCLUSION : LE XVII° SIECLE EST UN SIECLE DE CRISES !

 

 

 

 

 

Commentaire : Plan des Pensées

 

Pascal a un projet argumentatif pour  l'apologie de la religion chrétienne, pour convaincre les libertins et les sceptiques (il s'intéresse donc à la raison) avec des preuves : l'homme et l'écriture religieuse. Ce projet argumentatif est une reconstitution. Pascal aura 3 mots d'ordre : docere (instruire), placere (plaisir), flectere (faire réfléchir).

PENSEES = LITTERATURE & DEBATS D'IDEES

 

Comment ?

En deux temps :

 

  1. Il va s'occuper de l'Homme, entre misère et grandeur.
  2. Il démontre sa théorie du christianisme par les miracles & la vie de Dieu. (pas au programme)

 

On a affaire à une anthropologie (étude de l'Homme), à une oeuvre moraliste, à une antithèse perpétuelle qui est typique de Pascal entre misère et grandeur afin de faire perdre leurs repères aux hommes.

 

  • L'Homme est Misérable

D'abord parce qu'il est incapable d'atteindre la vérité. (Liasses "Vanité", "Misère", "Ennui")
Et ce, parce que sa raison est égarée par des "puissances trompeuses" que sont l'imagination, les impressions,
les volontés (ou désirs), l'amour de soi, la vanité, la maladie, les coutumes (ou habitudes).

Ensuite parce qu'il est incapable d'atteindre la justice. (Liasse "Raisons des effets" = Causes des faits)

Enfin parce qu'il est voué au divertissement (diverto). (Liasse "Divertissement")
Et ce, pour se détourner de son néant, de l'ennui (de la haine de soi-même) car l'Homme est incapable de rester avec soi-même.

=> Il donne un portrait très négatif de l'Homme pour émouvoir.


  • mais l'Homme est Grand

D'abord parce que Dieu l'a doté d'une pensée -> [cogito, ergo sum] je pense, donc je suis.
Pascal reprend la thèse de Descartes et va plus loin dans le sens où la pensée vient de Dieu donc l'Homme vient de Dieu.

Puis, parce qu'il a une superiorité sur les animaux.
cf Fragment 98 : le perroquet agit sans penser, de façon mécanique.

Ensuite parce qu'il aspire de façon invincible vers l'infini & qu'il a une superiorité sur la matière qui l'écrase.
cf Fragments 104 & 186 : l'Homme est un roseau pensant. Il sait qu'il est faible par rapport à l'univers, l'univers ignore tout donc l'avantage de l'Homme sur l'univers est sa pensée.
cf Fragment 105 : la pensée rend l'Homme supérieur à la force de l'univers : "c'est être grand que de connaître qu'on est misérable".

  • Conclusion de Pascal

L'Homme est Misérable mais également Grand, il a donc une double nature impossible à réaliser, notamment par les philosophes humanistes (Epicure, Montaigne, Charron) qui n'envisage pas ces deux côtés de l'Homme.
La liasse "Contrariétés" (Contradictions) montre ces deux faces de l'Homme, cette dualité.
En conclusion, "l'Homme est un monstre incompréhensible". La seule alternative est le christianisme car il prend en compte cette dualité (par un dogme du pêché originel). En effet, le jardin d'Eden, l'origine divine de l'Homme représente cette GRANDEUR, tandis que le pêché originel est la chute qui le rend MISERABLE. Ainsi, seul le Christianisme peut se présenter comme un remède, une consolation de cette perte par une recherche de l'infini, d'un retour à Dieu. (Cela introduit sa deuxième partie argumentative qui démontre cette théorie du christianisme par les miracles et la vie de Dieu)
Saint Augustin soutient l'idée que l'homme se souvient (en lui-même) de sa vie au Jardin d'Eden.

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Cette Misère de l'homme qui est Grand est très contemporaine. (cf Beckett au XX° Siècle)
Le thème de l'ennui (= tourment) donc l'angoisse existentielle, le thème de vertige à l'égard de l'infini et du néant, ainsi que la quête de divertissement restent des problématiques très modernes.

Cette oeuvre est inachevée, elle est morcelée comme un puzzle. Elle est tout le temps en mouvement.  Elle a une forme mouvante : il y a des liasses et des fragments non classés. C'est un texte en devenir : on y cherche un sens ainsi que des valeurs. Cette édition de M. Le Guern étant la dernière en date.

Pascal est un penseur politique, au sens homme de la cité. Nous sommes tous des créat
ures de Dieu donc les structures sociales sont remises en cause. Il revendique l'égalité et la liberté de conscience. Ses convictions intimes vont contre le pouvoir des hommes, ce qui "embête" le pouvoir monarchique (qui démonte Port Royal pierre par pierre).

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Published by dupuyL2 - dans Litté : Pascal
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