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20 janvier 2010 3 20 /01 /janvier /2010 13:46
Notions : conscience, interprétation, sujet, autrui, vérité, existence, temps, art, réel

I- Conception idéaliste et empiriste du langage
a) le langage sert-il à communiquer?
b) critique empiriste de la conception idéaliste
c) le langage comme tableau
dà parler métaphoriquement de l'existence, du temps

II - Le problème de la parole
a) la critique de la conception empiriste
b) la notion de jeu de langage
c) pragmatique
d) langage et vérité

Intro : Le problème du sens


Tout d'abord, le langage signifie des idées dans l'esprit de ceux qui parlent, c'est le concept communément admis. Ensuite, le langage signifie des choses de la réalité, c'est l'approche empiriste, pour qui parler c'est odonner du sens aux choses.
Enfin, les paroles signifient en fonction du comportement que les individus adoptent. Parler c'est adopter un comportement.

A travers ces 3 façons de voir le langage, se posent des problèmes :
- la représentation : il s'agit de se demander à quoi ser le langage : à communiquer nos idées ou bien à représenter le réel, c'est à dire le connaître?
- il s'agit de déterminer en quoi les approches idéalistes et empiristes ne suffisent pas. il faut alors se penscher vers le pragmatisme.
- La syntaxe : l'étude des signes entre eux (en français). Nous n'aurons pas une approche syntaxique mais une approche sémantique, c'est à dire l'étude des choses.

Pragmatique : notion acte, contexte, performance

I - Conceptions idéalistes et empiriques du langage
A - le langage sert-il à communiquer?


texte d'Aristote, issu de "l'Interprétation"

La réalité est transmise par la pensée. les cris du bébé symbolisent ses états d'âme. les mots ne désignent pas directement les choses de la raison, il faut passer par les  "états de l'âme". Le langage est une représentation d'une représentation. Dans ce texte, on distingue 2 niveaux :
- la signification à l'égard des choses de la réalité (objet) s'effectue à travers une signification dans l'esprit de cului qui parle.; pour Aristote, la réalité est représentée une première fois au niveau pré-olinguistique (pensée), et le langage représente, symbolise concrètement cette première représentation mentlae. De cette thèse l'on peput dire que le langage doit être le plus près possible de cette rreprésentation intérieure.  C'est à dire qu'il ne doit pas la trahir.
Cette thèse aura une grande postérité, puisqu'on la retrouve chez une multitude de philosophes. 

Chez Hobbes, les états d'âme ne sont pas communs à tous. La pensée est comme un langage privé. Le premier un usage général, la notification des pensées, suppose un "langage privé". La communication suppose un langage public.

4 abus :
- Mal noter ses pensées (langage privé)
- Faire un usage métaphorique du langage
- Mentir
- Utiliser le langage non pour singifier nos pensées, mais pour blesser, assoir un certain pouvoir sur autrui.

Les abus de la langage chez obbes constistent toujours de la mise en question entre pensée et marque des pensée, et marque des pensées avec signes du langage.
Pour Hobbes, le langage doit en quelque sorte etre transparents, c'est à dire qu'il doit laisser voir les pensées. Si Hobbes condamne la métaphore, c'est parce qu'elle affaiblit les rapports entre la pensée et son expression. Dans le cas du mensonge, c'est la même chose, sauf qu'il s'agit cette fois d'une intention ou d'une volonté.

B - Critique empiriste de la thèse idéaliste


La thèse idéaliste est correcte si l'on présuppose qu'il existe des représentations internes telles qu'elles ne puissent être exprimées verbalement. Dans cette conception, il faut supposer qu'il existe des pensées inneffables. Wittgenstein va montrer que cela n'est pas, qu'il n'y a pas quelque chose d'ineffable, d'inexprimable, mais que cet ineffable n'est pas quelque chose d'intérieur, ce n'est logiquement pas possible. Pour qu'il y ait des pensées ineffalbes, il faut supposer qu'il existe un sujet des pensées qui puisse prendre ces pensées comme objet.
Wittgenstein compare le problème de la pensée à celui du champ de vision, dans le Tractatus, lorsqu'il dit que l'esprit est comme l'oeil dans le champ de vision, de même que rien dans ce dernier ne permet de déduire qu'il est vu par un oeil, rien dans la pensée ne permet de déduire qu'elle est pensée par une pensée. Donc si on ne peut pas se voir voyant, on ne peut pas se penser pensant. J'ai consicience de penser, c'est tout.

C - Le langage comme tableau

La difficulté dans la thèse idéaliste-subjectiviste c'est qu'elle suppose un moment tout à fait particulier où la pensée se saisirait elle-même en tant que pensée, indépendamment de l'utilisation dde tous signes ou symboles, de mots. Nous avons donc vu les difficultés logiques que cela pose. La thèse empiriste supprime donc du raisonnement du langage l'étape intermédiaire de la signification des choses, du pour ou dans un esprit.

Dans ce cas, le langage est l'image directe de la réalité. Cela signifie que le langage est essentiellement une image de la réalité. Wittgenstein prend l'exemple des hiéroglyphes égyptiens, qui expriment une image visuelle pour une idée. Rechercher le sens d'une propositiion pour Wittgenstein, c'est savoir ce qui aarrive lorsqu'elle est vraie. Donc ce à quoi réfère une proposition, une phrase, ce n'est pas à un ensemble d'idées dans l'esprit de queslqu'un, mais à un fait. Pour Wittgenstein, le langage peut être compris par analogie avec le plan d'une machine. la proposition ou le langage est au fait ou la réalité ce que le plan est à la machine. " Ce que le tableau représente constitue son sens", "le fait d'être tableau implique qu'il y ait quelque chose de commun entre le tablleau et ce qu'il représente". Wittgenstein dit ici qu'il existe pour lui une même forme logique entre le langage et la réalité (entre le fait et le tableau). Wittengenstein présuppose qu'entre le langage et la réalité existe une communauté magique (?) Cette forme commune est inéffable, elle peut se montrer notamment en art. Pour Wittengenstein, à travers l'art on ne dit rien, mais on montre. C'est donc la thèse empiriste. "un état de chose est pensable" signifie que nous pouvons en faire un tableau. Donc penser quelque chose c'est s'en faire un fait de la réalité, logiquement il est impossible de représenter la réalité dans sa totalité.
Je ne peux pas sortir de mon existence pour dire ce qu'elle est. Donc tout ce qui sera de l'ordre de la signification totale (Hegel) sera inexprimable. Cela signifie que la religion, la morale et l'ethétique sont d'un autre ordre.

D - Parler métaphoriquement de l'existence

Dans le Tractatus, Wittgenstein dit  au 6431 "de même qu'à la mort le monde ne change pas, mais cesse". Il dit également que "la mort n'est pas un évènement de la vie, la mort ne peut être vécue". "L'immortalité temporelle de l'âme humaine, c'est à dire son éternelle survie aussi après la mort n'est garantie d'aucune manière"
Avec Wittgenstein, on ne peut donc rien dire de vrai de la mort, car elle n'est pas un fait pour nous. On ne vit pas la mort, reste donc deux solutions pour lui :
- a) je ne meurt jamais, je suis immortel
- b) je meurs sans vivre ma mort

64312 permet de régler a) car quand nous disons que nous vivonss toujours après la mort, nous ne savons pas ce que nous disons puisque nous ne savons pas de quoi nous parlons. Pour Wittgenstein l'idée du'une vie éternelle reste très énigmatique. C'est un ineffable pour tout le monde. 6431 permet dd'expliquer b) puisque l'on cesse de vivre à sa mort. Donc ce que montrent les analyses de Wittgenstein est que tout discours sur la mort parle d'autre chose au la mort : l'existence, ou se réduit à des jeux de mots, c'est à dire des métaphores. la mort, c'est la limite de mon monde et je ne peut pas me situer sur la limite pour en dire quelque chose, ni en dehors de l'existence pour en parler. Donc, de même qu'on ne peut pas parler de la mort, on ne peut pas parler d'Existence, parce que cela supposerait que l'on se situe à l'exterieur d'elle. Ainsi la question "l'existence à-t'elle un sens" Pour Wittgenstein, c'est un question qui n'a pas de sens, un faux problème. Personne ne pose se genre de questions sans intérêt. Sur les propositions éthiques, Wittgenstein dit qu'elles ne se réfèrenet à aucun fait. Elles représentent ce donc nous ne pouvons pas parler. Elles relèvent de l'ineffable, de l'insensé. Wittgenstein dit "ce dont on ne peut parler, il faut le taire". Les propositions éthiques concernet la valeur de l'existence, et de façon plus générale les problèmes de la vie. Or, pour Wittgenstein, ces interrogations fondamentales ne peuvent être exprimées, et donc ne peuvent pas être résolues dans les limites du langage. il yt a une tendance en l'homme à vouloir mettre des mots sur des angoisses. c'est à dire une tendance à s'élancer contre les frontières du langage. L'art se présente également comme une tentative de dire l'indiscible. Dans l'experience esthétique, la subjectivité du spectateur troouve un point d'accord avec le monde qu'elle appréhende comme une totalité. Par exemple, dire qu'une pièce de Schubert est mélancolique, ce n'est pas énoncer une proposition vraie. C'est plutôt adopter une certaine attitude par rapport à l'oeuvre.

II - Le problème de la parole
A) Critique de la thèse empiriste de Wittgenstein


1 - H2O
2 - Le livre est sur la table
3 - Je déclare la séance ouverte
4 - Mange ta soupe
5 - Je t'aime

Quel est le défaut principal?
Seules les propositions de type scientifique penvent recevoir un sens vrai. Or les propositions 3, 4 et 5 ne représentent pas des faits (scientifiques). 1 et 2 représentent bien la réalité. En effet, 3 ne décrit pas une ouverture de séance. Parler c'est faire. C'est une proposition qui n'est ni vraie ni fausse, c'est un énoncé performatif.
Qu'est-ce que la proposition 4 ? 4 ne décrit pas un fait. Donc dans les cas 3 et 4, le sens des propositions ne tiennent pas au fait qu'ils sont des tableaux ou des faits.

Les paroles sont des actes
"Je t'aime" peut apparaître comme la description d'un sentiment intérieur. Mais si tel est le cas, on se tient au problème suivant : Comment est-ce que je sais que ce que je ressens doit être décrit de cette façon? Parce que je l'ai appris.
ex : dire "je t'aime" au boulanger n'a pas de sens
Le fait de dire "Je t'aime" est performatif et perlocutoire. C'est une parole qui suppose un acte, ca décleche une réaction importante. Le fait de dire "Je t'aime" à quelqu'un peut changer totalement les rapports entre ces personnes. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on s'abstint de le dire. Nous voulons éviter la modification des rapports sociaux. La thèse de Wittgenstein semble donc trop radicale.

B - La notion de jeux de langage

Texte d'Austin

Sa thèse consiste à dire que les usages de langage sont trop multiples et différenciables pour qu'une théorie du langage soit possible. La thèse de Wittgenstein qui consiste à dire que le langage réfère à des faits est donc tro général pour Austin.
Lorsqu'il parle de "jeux de langage", il prend l'exemple des jeux. Il constate que les jeux sont tous différents. Ils n'ont rien de commun, sinon ce qu'il appelle "un air de famille". il dit la même chose à l'égard du langage. Il n'y a pas de théorie générale, mais des "airs de famille".
L'air de famille en l'occurence est l'existence d'une règle. Maitriser les différents jeux de langage permet de muliplier les possibilités de signification. Le mensonge est un jeu de langage particulier. Et ne pas savoir mentir peut être considéré comme une non maîtrise de ce jeu. C'est une infirmité, indépendamment du problème moral. Le discours philosophique est lui aussi un jeu de langage.
On constate que parler c'est se situer dans un comportement global de signification auquel les jeux de langage participent. Pour l'exemple "Je t'aime", la signification varie en fonction des contextes, que l'on soit au théatre, dans une relation particulière... Cet exemple montr qu'elle peut être comprise conceptuellement et contextuellement. Le langage siginifie en fonction de l'usage que nous en faisons.

C - La notion de pragmatique

texte de Searl

L'auteur montre que la langage doit être compris à partir de la notion d'acte. Donc la signification n'est pas dans le mot, il n'est pas non plus dans la phrase, mais dans la production d'une phrase dans un contexte.  Tout acte de langage suppose des règles implicites. Par exemple, le cas de l'ordre ou d'une promesse.
La notion d'acte de langage met en évidence l'intentionnalité.
Parler en vue de quelque chose, c'est ce qui pour Searle fait la différence avec un bruit ou de simples taches sur un papier. C'est l'intention fait le sens de la phrase.  Ce qui importe dans l'étude du langage, c'est l'analyse conceptuelle des usages que nous en faisons.
Ex: masque africain qui est une oeuvre d'art qui cumule les contextes
La proposition 3 "je déclare la séance ouverte" impose un contexte institutionnel spécifique qui est celui du droit. Pour que 3 ait un sens, il faut que j'accepte la procédure, certaines règles implicites. L'ouverture de la séance suppose un acte de langage dans une certaine culture, à un certain moment, et avec certaines personnes.

D - Langage et vérité

L'analyse précédente nous conduit à remettre en question le bien fondé de la distinction entre vrai et faux. Si H2O et Le livre est sur la table peuvent être dits comme vrai ou faux, cela est impossible pour Je déclare la séance ouverte et Mange ta soupe. Pour Je t'aime, le problème n'est pas celui de la vérité mais de la sincérité.
La plus grande partie de nos propos ne concerne pas la vérité. Ce qui donne un sens à nos propos c'est qu'ils sont effectués dans un contexte. Par exemple, la politesse.
Le contexte le plus important pour nous est celui du social, moral. Donc pas de vérité, mais une bonne proposition.
Ex : contexte esthétique, artistique, religieux
Quand une phrase est prononcée au théatre, c'est moins pour dirre quelque chose de vrai que dans l'intention de montrer quelque chose à quelqu'un. Mais est-on certains que le contexte fictionnel n'a aucun rapport avec la question de la vérité?
L'oeuvre d'art est une fiction. Elle correspond avec la réalité.
L'oeuvre est une fiction, mais particulière. L'oeuvre d'art est la constitution d'un mode posible et donc c'est constitution d'autres vérités possibles. Cela siginifie deux choses :
- Que pour comprendre le monde dans lequel je vis, j'ai souvent besoin de me rattacher à des personnages, des éveènements fictifs.
- les fictions construisent des mondes possibles qui permettent par des contrastes de comprendre la particularité du monde dans lequel je vis.

Cela nous montre que le langage ne sert pas qu'à communiquer ou à proposer un délassement aux amateurs de poésie et de romans. Dans ce cas, il sert essentiellement à construire des mondes. le notre et d'autres possibles, il sert à la connaissance. La connaissance semble consister en une bonne part de notre capacité à utiliser des jeux de langage.


Texte de Bergson

Le moi profond est pour lui un mode connaissance à part entière, qui nous fait coincider avec ce qui est imaginable et nous fait saisir la réalitté par l'intuition. La connaissance intuitive nous fait retrouver la durée toute pure (forme que prennent nos états de conscience quand notre moi se laisse vivre, quand il s'abstient d'établir une séparation entre l'état présent et les états (manque un mot)
" La durée représente l'étoffe même de notre moi. Nous avons un devenir initerroppu qui dévoile la réalité de notre conscience. Ce devenir qualitatif est superficiel, imprévisible car le moi profonc est social, aussi liberté.
Le moi superficiel sont les habitudes mises en place par la société, qui occulte notre vie profonde. Quand sommes-nous libres? Quand nous dépassons la croûte de notre moi superficiel. Il faut donc dépasser le langage, l'approche sociale, car la liberté s'exprime de notre identité, de notre personnalité.
C'st le moi d'en bas qui rejette la vérité. On a donc le jaillissement du moi profond. La vie intérieure est la mémoire. elle se présente sous deux formes différentes :
- L'habitude , les automatismes
- la  mémoire authentique : MON histoire, la mémoire pure, le passé qui survit en moi, sous forme de souvenirs purs, la mémoire pure contient tout notre passé, et elle représente notre réalité profonde.


TOPO sur Wittgenstein par Mr Quinio

                Ludwig Wittgenstein (1889-1951)

« La solution du problème que tu vois dans la vie, c’est une manière de vivre qui fasse disparaître le problème »
Remarques mêlées.

    L’adage peut sembler élémentaire mais il guide Wittgenstein à la fois dans sa vie et dans son travail. Doté d’un remarquable esprit logique, il a multiplié les expériences, sans jamais abandonner son exigence de rigueur. Tour à tour ingénieur, soldat, instituteur, assistant jardinier, architecte, professeur de philosophie, aide-soignant, chercheur en psychologie, il n’a publié qu’un seul ouvrage de son vivant. Dans toutes es autres expériences existentielles, il s’agit aussi toujours pour lui de résoudre ses difficultés intimes en se transformant, en orientant sa vie ans un sens juste ou « décent » pour reprendre une formule qui revient souvent sous sa plume. Cette forme d’honnêteté, Wittgenstein la recherche dans ses pensées et surtout dans ses actes : le rapport à soi est une affaire strictement personnelle qui ne peut se communiquer mais peut se montrer.

    Langage.
   
Pour Wittgenstein, les problèmes de la pensée (le sujet, la conscience) doivent être traités par une analyse du fonctionnement du langage : « Penser, c’est utiliser des signes » Cahier bleue.  Le retour aux usages ordinaires de la communication et de la vie sociale (cours langage, le problème de la parole) permet alors de rompre avec les illusions de la métaphysique.

Le Tractatus développe une conception du langage fondée sur la correspondance entre les propositions et les faits du monde. Une proposition est vraie si elle est l’« image de la réalité » Tractatus 4.021, autrement dit si l’état de chose qu’elle représente existe (« le livre est sur la table ». Et inversement : par exemple, « la mer est rouge » est une proposition fausse parce qu’aucun fait ne lui correspond. Wittgenstein cette conception d’un langage figuratif qui est, finalement, aussi contestable que la conception idéaliste, puisqu’il suppose une définition idéal du langage càd une essence unique.
Dans les Recherches philosophiques, § 23, il expose la notion de « jeu de langage », expression qui renvoie à des usages, des activités diverses telles que donner des ordres, exprimer ses volontés à autrui, résoudre des énigmes, faire une plaisanterie… ces jeux restent ouverts et sont liés entre eux par des analogies et des différences càd ils présentent entre eux un « air de famille » (exemple des jeux pris en cours) et non une unité d’essence comme dans les approches platonicienne et idéaliste. Le langage n’est donc pas quelque chose de figé et immuable. De nouveaux jeux de langage apparaissent régulièrement (pour parler des « installations » en art), d’autres tombent dans l’oubli (la « grâce » pour parler de la bonté de l’homme. Cf cours Culture/ Rousseau). Enfin, ces jeux de langage s’entrelacent à des pratiques, des comportements extra linguistiques. Bref, le fait de parler est indissociable de ce qu’il appelle une « forme de vie », notion qui peut être synonyme d’activité, au sens où les êtres humains communiquent en tant qu’acteurs dans des contextes variés, définis par des usages et des habitudes (« je déclare la séance ouverte », « je t’aime »).

Thèse : ce n’est que dans une manière d’agir déterminée (règles implicites), à l’intérieur d’une même forme de vie, que le sujet d’une communauté apprend un langage, lui donne un sens et interagit avec autrui.  


Usage.

La notion de « jeu de langage » est intrinsèquement liée à l’idée que le sens dépend de l’usage concret. Au § 43 des Recherches philosophiques, Wittgenstein explique que la signification d’un mot n’est rien d’autre que son emploi dans le langage. Il donne l’exemple suivant : « si quelqu’un dit " Moïse n’a pas existé ", cela peut signifier différentes choses. Notamment : les Israélites n’avaient pas qu’un seul guide quand ils ont quitté l’Egypte, ou : personne n’a existé qui ait accompli tout ce que la Bible attribue à Moïse, ou etc. » § 79. Le sens du mot Moïse tient donc à l’usage qui en est fait dans nos jeux de langage, et il sera différent selon qu’il est employé dans un récit, dans un document historique, ou en tant que prénom d’un ami. Contre toutes les théories linguistiques (F. de Saussure, N. Chomsky, Lévi Strauss) pour lesquelles la signification consiste en l’association d’un d’une image (mentale ou objective) avec un signe, le concept de jeu de langage ouvre plutôt sur une dimension pragmatique càd renvoie aux règles d’application qui gouvernent les emplois des expressions. Idem pour la proposition « je t’aime » vue en cours. Le langage est un peu pensé comme une « boîte à outils » § 11 Recherches philosophiques.


Règles.

Les règles constituent l’instrument par lequel les hommes s’entendent dans des formes de vie ordinaires. Pour employer des jeux de langages, les hommes suivent des règles de grammaire qui, sans prédéterminer d’une façon normative leur comportement, fournissent toutefois les critères corrects de nos comportements, pour être compris. « correct » signifie ici conforme à une habitude partagée par une communauté d’individus. C’est toujours à l’intérieure d’une communauté (scientifique, économique, religieuse, juridique, philosophique, etc.) que l’on apprend l’usage des règles. Ces dernières sont donc à la fois nécessaires et conventionnelles et elles sont par nature publiques. La convention est le fondement naturel de la société humaine. Ce n’est pas la raison, le désir, la subjectivité ou la conscience. Il est impossible de créer et de suivre une règle à titre privé, car, pour être établie et avoir une valeur, celle-ci doit pouvoir être évaluée et adoptée par les autres. Ainsi, un « langage privé » qui ne serait « parlé » et compris que par soi même est un non sens parce que tout langage suppose des critères d’application communs. Lorsque les thèses idéaliste et subjectiviste déclarent l’existence d’un ineffable purement subjectif, elles ne parlent en fait de rien… On peut donc parler pour ne rien dire ! Les réflexions de Wittgenstein sur le langage apporte un puissant argument contre la philosophie solipsiste (le sens de la réalité est élaboré par un esprit, une conscience, une subjectivité).


Mal aux dents.

               Wittgenstein prend souvent l’exemple de l’expression « j’ai mal aux dents » et considère que celle-ci ne désigne pas une expérience privée. D’une façon générale, il n’existe pas, selon lui, une intériorité cachée, un monde intime d’idées et de sensations ; celles-ci ne sont pas des objets mentaux que le sujet de l’expérience possèderait et connaîtrait grâce à l’introspection, grâce à « l’œil de l’esprit » (« l’œil ne se voit pas voyant, de même, la pensée ne peut se penser pensante »). Contre toute approche sur le modèle de l’introspection, Wittgenstein adopte un point de vue grammatical selon lequel « j’ai mal aux dents » -au même tire qu’ « au secours ! » n’est qu’un appel à l’aide- est une expression de douleur qui se substitue au cri primitif de l’homme (préhistorique ou l’enfant qui ne parle pas encore). Ainsi, les énoncés construits à la première personne sont des actes expressifs qui ne reposent pas sur une quelconque observation intérieure. Ces énoncés diffèrent des propositions à la troisième personne du singulier (« il a mal aux dents »), lesquelles peuvent être validées objectivement. La critique de l’idée d’intériorité n’a pas pour but de nier l’existence de l’ineffable mais d’en donner une description exacte. Elle a pour but de dissiper une illusion philosophique, celle d’un sujet, clos sur lui-même et parfaitement conscient du sens de ses sensations et d ses actes réflexifs, qui prendrait sa pensée comme objet, immédiatement, sans référence à un système de signe, sans référence à un jeu de langage. Wittgenstein substitue donc à l’ego cartésien (voir sur le cours sur la conscience) un être incarné faisant partie d’une communauté linguistique, faisant partie d’un « nous ».   

Ethique.

C’est le domaine de l’indicible. L’éthique concerne la valeur morale de l’existence et plus largement les problèmes de la vie. Or, pour notre philosophe, les interrogations fondamentales de ce type ne peuvent être exprimées, et de surcroît résolues dans et par le langage. Même s’il existe chez l’homme une tendance à vouloir mettre des mots sur ses angoisses, l’éthique demeure hors d’atteinte. Cet accent mystique se retrouve dans ses remarques sur la religion et l’art. Ce dernier se présente également comme la tentative de dire l’indicible. Mais ces deux tendances « s’élancent contre les frontières du langage » Conférence sur l’éthique.  Dans les deux cas, ce sont des choses qui ne s’expliquent pas, mais se ressentent. Par exemple, dire qu’une œuvre de Schubert est mélancolique, ce n’est pas énoncer une proposition fondée, cela revient plutôt à dessiner un visage, à faire un mouvement de la main ou à danser càd adopter un certain comportement.

Canard/lapin.

Dans les tests psychologiques, une illusion d’optique est fréquemment utilisée. Il s’agit d’un dessin ambigu, silhouette que l’on peut percevoir tantôt comme un lapin et tantôt comme un canard, selon que l’on considère son extrémité comme des oreilles ou un bec.  Pour Wittgenstein, cette possibilité ne relève pas seulement de la perception, d’un voir simple. Elle se situe à mi chemin entre la perception et la pensée consciente et requière la notion d’un « voir comme ». Or, si la question de la perception simple revient aux sciences expérimentales, celle du « voir comme » est un problème conceptuel (cf cours langage : toute compréhension d’une phrase est conceptuelle) qui concerne la philosophie. Cet emploi du mot « voir » fait référence à la ressemblance entre deux visages. Au lieu d’affirmer « je vois quelque chose », je dis dans ce cas : «  je vois une ressemblance entre ces deux visages ». ce dernier usage du mot « voir » relève d’une certaine expérience et nous conduit à modifier notre perception d’un objet, tandis que celui-ci ne change pas. De même qu’il n’y a qu’un dessin, le canard/lapin, il n’y a qu’une réalité. Mais, ma perception est déjà une interprétation en fonction des anticipations que je possède. Cf cours interprétation et art.      



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Published by dupuyL2 - dans Philo
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