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30 juillet 2017 7 30 /07 /juillet /2017 12:56

Bonjour à toutes et à tous, ce blog est né avant tout d'une volonté de transmettre l'enseignement au plus grand nombre, et je vous invite à venir compléter et agrémenter ce blog en m'envoyant vos cours. Je posterai en votre nom ou pseudo (ou anonyme, précisez-le moi) ceux dont le contenu me semble pertinent (faites de votre mieux pour l'orthographe, mais si comme moi vous réécrivez vos cours le soir après une journée déjà bien chargée, on vous pardonnera quelques coquilles :)

Que la connaissance soit avec vous !!!

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2 avril 2010 5 02 /04 /avril /2010 21:49

 > Quelle est la vision du bonheur selon Pascal ?

 

Les Pensées de Pascal sont l'ébauche d'une apologie de la religion chrétienne par laquelle l'auteur voulait ammener ses amis libertins à la foi. Il avait lui-même groupé ses fragments selon un ordre précis, peut-être pédagogique, sous des titres révélateurs de sa conception de l'Homme : misère, grandeur, contrariété mais une notion récurrente, celle du bonheur, jalonne l'oeuvre telle un thème transversal. On peut donc se demander quelle est sa place dans la démarche apologétique de Pascal. D'abord, il part de la recherche universelle du bonheur pour constater son échec puis il en étudie les avatars (aléas, différentes formes) pour conclure à la seule solution de la vraie félicité : Dieu.

 

I - La recherche du bonheur au coeur de la condition humaine

a) constatation de tous de la recherche du bonheur

-> F124 & F138

 

b) réflexion sur le bonheur depuis toujours (histoire)

-> F56 multiplicité des thèses philosophiques sur le "souverain bien" (contentement total)

La chute de la citation est ironique, Pascal n'a énuméré toutes ces conceptions que pour mieux les contester.

 

c) constatation empirique (par l'experience) de l'échec quotidien de cette quête du bonheur, la condition de l'Homme est essentiellement malheureuse

-> F33 : ennui au coeur de l'Homme; F66 : divertissement; F126 : causes naturelles du malheur des H

 

II - Cependant l'H a découvert des moyens d'oublier sa souffrance qui démontrent sa vanité

a) 1er moyen : l'imagination qui a le pouvoir de procurer un bonheur factice

-> F41

En effet, l'imagination détourne les H de l'idée de leur condition faible. Elle leur permet de ne pas penser en leur fournissant des sujets de gloire, d'orgueil et au final en flattant leur amour propre. Ce qu'elle procure n'est pas durable.

 

b) 2eme moyen : le divertissement qui est employé par les H pour éviter de penser à leur misère

- FORCE DU DIVERTISSEMENT

-> F126 : roi, H que l'on ne cesse de divertir; F? : H en deuil qui oublie sa peine par la chasse

- LE PLAISIR N'EST PAS LE BONHEUR

-> F123 : dialogue avec une loi universelle qui nous montre que le divertissement est dépendant de conditions sur lesquelles l'H n'a aucune prise

 

c) 3eme moyen : toute activité humaine est un divertissement

-> F74 : activité scientifique, foyer... = passe-temps qui permettent à l'H de ne pas réfléchir à son destin et à la mort qui l'attend; F126

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 11:20

-> Jean de LA FONTAINE  "Le Chêne et le Roseau"

Jean de La Fontaine est un contemporain de Pascal. Ils reprennent tous deux la métaphore du roseau : La Fontaine dans cette fable, Pascal dans le fragment 104 (& 186 = hors programme).
Cette fable est un apologue sans morale explicite.

Le Chêne et le Roseau sont personnifiés.
Le Chêne a une posture de supériorité, il s'exprime avec arrogance, c'est un signe de vanité. Il est également égoïste (il semble vouloir l'aider "Mais vous naissez le plus souvent / Sur les humides bords des royamues du vent.") De plus, l'effet de masse textuelle est une marque de supériorité d'un personnage sur un autre : celle du Chêne sur le Roseau.

Il y a ici une critique des privilèges et de la valeur d'un homme sans rapport à l'inégalité sociale.
cf Discours sur l'origine de l'inégalité parmi les hommes, 1765, de J.J. ROUSSEAU

La Fontaine (comme Pascal) montre une inégalité naturelle : grandeur et force / fragilité (frêle) et souplesse, et une inégalité sociale dûe à l'arrogance du Chêne.

Le Roseau est frêle et souple, ce sont ses attributs naturels. La faiblesse du Roseau est également sa force puisqu'il resiste avec souplesse. Il s'agit là d'un renversement, d'une antithèse typique de Pascal.

Le Chêne représente l'univers : le début et la fin, Dieu et la mort (surtout dans les deux derniers vers )
mais est vaniteux !
-> L'homme est grand s'il n'est pas vaniteux.
 
Le but de La Fontaine est de montrer que le Roseau est plus fort que le Chêne, et celui de Pascal que l'homme est plus fort que l'univers.


-> Jean de LA FONTAINE  "Le Loup et l'Agneau"

Le loup donne des arguments à l'agneau (sans valeur) pour faire passer pour justice ce qui n'est que force.

A ce propos, Pascal écrit : "n'ayant pu faire que la justice soit forte, on a fait que la force soit juste".

La Fontaine, comme Pascal, réfléchit à la justice des hommes.

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1 octobre 2009 4 01 /10 /octobre /2009 21:22

-> Quel est le lien entre la littérature et les débats d'idées (littérature & politique) ?


Introduction

 

Contexte politique :


 

Louis XIV est au pouvoir en 1661 (Pascal meurt un an après) & est l'aboutissement d'un mouvement qui veut tous les pouvoirs au roi (premier aristocrate) avec omnipotence du roi et centralisation des pouvoirs. En effet, Pascal, jeune, a connu un mouvement appelé la « Fronde » (moment de grands conflits dû à une opposition au pouvoir absolu du roi) et c'est pour cela qu'il va appeler la paix civile « le roi bien ». Pascal est pour la paix sociale, le loyalisme, le respect formel. Louis XIV est aussi l'aboutissement du goût du spectaculaire pour montrer le pouvoir qu'il a en tant que « premier aristocrate ».

 

Contexte intellectuel :


XVII° Siècle = révolution scientifique (Pascal : physicien et mathématicien)


Au XVI° Siècle, Copernic démontre l'héliocentrisme (soleil au centre du monde) contre le géocentrisme (terre au centre du monde = idée grecque, d'Aristote).

Au XVII° Siècle, Galilé prouve scientifiquement la théorie de Copernic avec la lunette astronomique mais est condamné par l'Inquisition parce qu'il effectue une remise en cause de dogmes.

Newton = gravitation universelle. Donc représentation du monde bouleversée.

Pascal = probabilités

Leibniz = calcul infinitésimal

Les sciences appliquées font également des découvertes :

- microscope (infiniment petit)

- lunette astronomique (infiniment grand)

- machine à calculer (Pascal)

- baromètre (prévision météo)


DONC, Siècle de révolution scientifique. Ce qui apporte une nouvelle représentation du monde, et, partant une nouvelle vision de l'Homme, de la condition humaine. (cf Fragment 185 « des deux infinis ») parce que l'on découvre que l'univers est infini, n'a pas de centre & de sens ?

 

Contexte religieux :


CRISE qui vient de conflits religieux.


A partir du XVI° Siècle, la présence de l'humanisme & de guerres de religions donnent à penser différemment le Christianisme où les dignitaires (pape, évêques...) oublient les paroles du Christ et ont une grande richesse tiré du vulgus pecum (peuple). Une division se fait donc au sein du Christianisme. D'un côté, une Église réformée (anglicans, protestants, huguenots, luthériens, calvinistes) assez austère et ne prenant plus en compte l'autorité du Pape. D'un autre côté, les catholiques qui croient encore en l'autorité du Pape. Ils vont effectuer une contre réforme où ils sont divisés en deux groupes : les jésuites & les jansénistes. Les jésuites ont un pouvoir casuistique, c'est-à-dire qu'il pardonne un pêché selon l'intention qu'avait alors le pêcheur. Les rois sont de leur côté. Les jansénistes, eux, sont plus austère et se plient à la rigueur, l'exigence de la foi. Pascal est de ce côté.

Les conflits issus du XVI° Siècle, amène au XVII° un scepticisme, une libre pensée (Libertins qui ne croient qu'en se qui est montrable, démontrable). Dom Juan de Molière illustre bien cette pensée : le personnage déclare « je crois que deux et deux font quatre ». Les libertins connaissent très bien les auteurs antiques (ils sont leur bagage intellectuel). Le philosophe Epicure en est un exemple ; Les épicuriens croient en la matière, au sens. Ces premiers libertins ont un esprit de relativisme, ils sont savants, érudits. Ils refusent les dogmes c'est-à-dire les lois et vérité de l'Eglise. Ils sont dans une demandes de preuves constante. (Certains d'eux sont les premiers athés, ils sont peu nombreux.) C'est une révolution. Ainsi de nouvelles idées sont apportées entre autres pas les salons de libertins. Il s'agit d'une révolution spirituelle, d'une émancipation. Ce mouvement d'idée ouvre les Lumières.

 

Le discours très rationaliste de Pascal est donc approprié pour s'adresser aux Libertins mais également aux Honnêtes Hommes & Esprits Forts. Il utilise aussi la persuasion par la foi & les sentiments.

 

 

EN CONCLUSION : LE XVII° SIECLE EST UN SIECLE DE CRISES !

 

 

 

 

 

Commentaire : Plan des Pensées

 

Pascal a un projet argumentatif pour  l'apologie de la religion chrétienne, pour convaincre les libertins et les sceptiques (il s'intéresse donc à la raison) avec des preuves : l'homme et l'écriture religieuse. Ce projet argumentatif est une reconstitution. Pascal aura 3 mots d'ordre : docere (instruire), placere (plaisir), flectere (faire réfléchir).

PENSEES = LITTERATURE & DEBATS D'IDEES

 

Comment ?

En deux temps :

 

  1. Il va s'occuper de l'Homme, entre misère et grandeur.
  2. Il démontre sa théorie du christianisme par les miracles & la vie de Dieu. (pas au programme)

 

On a affaire à une anthropologie (étude de l'Homme), à une oeuvre moraliste, à une antithèse perpétuelle qui est typique de Pascal entre misère et grandeur afin de faire perdre leurs repères aux hommes.

 

  • L'Homme est Misérable

D'abord parce qu'il est incapable d'atteindre la vérité. (Liasses "Vanité", "Misère", "Ennui")
Et ce, parce que sa raison est égarée par des "puissances trompeuses" que sont l'imagination, les impressions,
les volontés (ou désirs), l'amour de soi, la vanité, la maladie, les coutumes (ou habitudes).

Ensuite parce qu'il est incapable d'atteindre la justice. (Liasse "Raisons des effets" = Causes des faits)

Enfin parce qu'il est voué au divertissement (diverto). (Liasse "Divertissement")
Et ce, pour se détourner de son néant, de l'ennui (de la haine de soi-même) car l'Homme est incapable de rester avec soi-même.

=> Il donne un portrait très négatif de l'Homme pour émouvoir.


  • mais l'Homme est Grand

D'abord parce que Dieu l'a doté d'une pensée -> [cogito, ergo sum] je pense, donc je suis.
Pascal reprend la thèse de Descartes et va plus loin dans le sens où la pensée vient de Dieu donc l'Homme vient de Dieu.

Puis, parce qu'il a une superiorité sur les animaux.
cf Fragment 98 : le perroquet agit sans penser, de façon mécanique.

Ensuite parce qu'il aspire de façon invincible vers l'infini & qu'il a une superiorité sur la matière qui l'écrase.
cf Fragments 104 & 186 : l'Homme est un roseau pensant. Il sait qu'il est faible par rapport à l'univers, l'univers ignore tout donc l'avantage de l'Homme sur l'univers est sa pensée.
cf Fragment 105 : la pensée rend l'Homme supérieur à la force de l'univers : "c'est être grand que de connaître qu'on est misérable".

  • Conclusion de Pascal

L'Homme est Misérable mais également Grand, il a donc une double nature impossible à réaliser, notamment par les philosophes humanistes (Epicure, Montaigne, Charron) qui n'envisage pas ces deux côtés de l'Homme.
La liasse "Contrariétés" (Contradictions) montre ces deux faces de l'Homme, cette dualité.
En conclusion, "l'Homme est un monstre incompréhensible". La seule alternative est le christianisme car il prend en compte cette dualité (par un dogme du pêché originel). En effet, le jardin d'Eden, l'origine divine de l'Homme représente cette GRANDEUR, tandis que le pêché originel est la chute qui le rend MISERABLE. Ainsi, seul le Christianisme peut se présenter comme un remède, une consolation de cette perte par une recherche de l'infini, d'un retour à Dieu. (Cela introduit sa deuxième partie argumentative qui démontre cette théorie du christianisme par les miracles et la vie de Dieu)
Saint Augustin soutient l'idée que l'homme se souvient (en lui-même) de sa vie au Jardin d'Eden.

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Cette Misère de l'homme qui est Grand est très contemporaine. (cf Beckett au XX° Siècle)
Le thème de l'ennui (= tourment) donc l'angoisse existentielle, le thème de vertige à l'égard de l'infini et du néant, ainsi que la quête de divertissement restent des problématiques très modernes.

Cette oeuvre est inachevée, elle est morcelée comme un puzzle. Elle est tout le temps en mouvement.  Elle a une forme mouvante : il y a des liasses et des fragments non classés. C'est un texte en devenir : on y cherche un sens ainsi que des valeurs. Cette édition de M. Le Guern étant la dernière en date.

Pascal est un penseur politique, au sens homme de la cité. Nous sommes tous des créat
ures de Dieu donc les structures sociales sont remises en cause. Il revendique l'égalité et la liberté de conscience. Ses convictions intimes vont contre le pouvoir des hommes, ce qui "embête" le pouvoir monarchique (qui démonte Port Royal pierre par pierre).

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